Nous vous parlons souvent des dangers de certains pratiquant, thérapeute et autres personne voulant vendre leurs services afin de vous soulager de telle ou telle pathologie, souci d’entité, de “possession” ….
Mais nous ne parlons que peu souvent de l’emprise que peut avoir ce milieu sur nous!
Depuis quelque temps déjà, beaucoup d’entre nous se sont éloignés des religions, quelles qu’elles soient. Nous avons cessé de croire en un dieu ou en plusieurs divinités. À la place, nous avons ouvert notre esprit à l’au-delà, aux énergies, au grand Tout, à cette dimension que certains qualifient de divine. Nous y trouvons du réconfort, un apaisement et une forme de satisfaction intérieure.
Au milieu du XIXᵉ siècle, les tables spirites firent leur apparition dans les milieux bourgeois. De nombreuses personnes, pourtant croyantes, participaient à ces séances à la recherche de réconfort et d’apaisement. Elles espéraient ainsi soulager la douleur du deuil, retrouver un lien avec leurs disparus et, parfois, apporter une forme de fascination et de nouveauté à leur quotidien.
Déjà à cette époque, certaines personnes, en quête de réconfort et de réponses, sont tombées dans une forme de dépendance au spiritisme. Peu à peu, elles en vinrent à ne vouloir communiquer qu’avec l’au-delà, au détriment de leur vie quotidienne. Bien que ces pratiques fussent relativement répandues, certains adeptes développèrent une obsession telle qu’ils furent internés dans des établissements spécialisés. À cette époque, on les qualifiait souvent de « fous ».
Les époques ont passé, les techniques ont évolué et les supports se sont diversifiés. Pourtant, une chose est restée inchangée : depuis toujours, l’être humain cherche un moyen de communiquer avec l’au-delà pour trouver un réconfort.
Aujourd’hui, ces pratiques et leurs nombreux supports sont plus banalisés que jamais. Dans n’importe quelle librairie, il est possible de trouver des ouvrages consacrés à la divination, à la médiumnité ou encore au développement des capacités intuitives. Certains promettent même de vous apprendre à devenir médium ou cartomancien en peu de temps.
Cette popularisation répond-elle à un véritable besoin spirituel ? Est-elle le reflet de notre quête de sens et de croyances, ou simplement l’expression d’un désir profond de trouver des réponses à ce qui nous dépasse ?
Les supports numériques n’ont pas réellement aidé l’être humain à prendre du recul vis-à-vis de ces pratiques ni à apprendre à vivre sans elles. Au contraire, les réseaux sociaux en ont considérablement amplifié la diffusion. Chaque jour, nous sommes exposés à une multitude de tirages, de conseils et de méthodes prétendant rééquilibrer nos chakras, élever nos vibrations ou attirer des énergies positives.
Il suffit de montrer un intérêt pour ces sujets pour voir apparaître dans son fil d’actualité une multitude de contenus et de personnes se présentant comme experts, médiums, guides spirituels ou sorciers modernes. Certains vont jusqu’à promettre de faire revenir un être aimé, d’attirer l’abondance ou de résoudre les difficultés de la vie grâce à des rituels et des techniques prétendument accessibles à tous.
Cette exposition permanente entretient alors une forme de dépendance au bien-être immédiat et à la recherche constante de réponses, de réconfort ou de solutions extérieures. Dans certains cas, la quête spirituelle peut ainsi se transformer en une consommation continue de contenus et de pratiques censés apporter un mieux-être.
Aujourd’hui, je constate que de nombreuses personnes semblent avoir perdu confiance en leur propre capacité de jugement. Elles ne prennent plus une décision sans consulter leur oracle, leur tarot ou un autre support divinatoire. Face à la moindre difficulté, au moindre doute ou à la moindre fatigue, beaucoup se tournent immédiatement vers un thérapeute, un guide spirituel ou une pratique ésotérique.
Certaines en viennent même à ne plus réfléchir ou agir sans chercher l’approbation d’un guide, d’un message reçu, d’un tirage ou d’un signe extérieur. Peu à peu, ils perdent la responsabilité de leurs choix est la transfère à ces outils ou à leurs thérapeute.
Nous pouvons tous constater autour de nous à quel point cette dépendance peut devenir envahissante. Chacun connaît probablement une personne qui ne prend aucune décision importante sans consulter son pendule, son oracle, son tarot ou même sa planche de Ouija. Ces pratiques finissent alors par influencer profondément sa vie, ses relations et ses choix quotidiens.
Bien entendu, la spiritualité peut apporter du réconfort, du sens et un soutien précieux dans certaines périodes de l’existence. Cependant, lorsqu’elle remplace systématiquement la réflexion personnelle, le discernement et l’autonomie, elle peut devenir une forme de dépendance dont il est difficile de sortir.
De tout temps, l’être humain a eu besoin de croire pour avancer, pour donner un sens à son existence, pour continuer à expérimenter, à apprendre et à évoluer. Les croyances, quelles qu’elles soient, ont souvent constitué un repère face à l’incertitude et aux grandes questions de la vie.
Mais de tout temps également, l’être humain s’est égaré dans ses croyances. Il lui est arrivé de remettre entre les mains de l’invisible, du destin ou des puissances supérieures le cours de son existence et la responsabilité de ses choix.
Aujourd’hui, nous parlons de plus en plus de libre arbitre. Paradoxalement, nous attribuons souvent nos difficultés, nos échecs ou nos expériences insatisfaisantes à notre karma, à un héritage karmique, à nos guides ou à des influences extérieures.
La frontière est parfois mince entre une spiritualité qui nous aide à mieux nous comprendre et une croyance qui nous pousse à déléguer à l’invisible nos choix et nos actions.
Toutes ces réflexions ont pour seul objectif de vous inviter à la prudence. Croire, espérer, chercher du sens ou du réconfort est totalement normal. Cependant, comme toute chose, ces pratiques peuvent devenir excessives lorsqu’elles prennent le pas sur notre discernement et notre capacité à agir par nous-mêmes.
La spiritualité peut être un chemin d’évolution et d’épanouissement. Elle ne devrait jamais devenir une prison, ni nous conduire à remettre systématiquement notre décision entre les mains d’un oracle, d’un guide, d’un pendule ou de toute autre pratique.
Gardez à l’esprit que le plus grand pouvoir dont nous disposons reste notre capacité à réfléchir, à choisir et à assumer notre propre vie.
Toutes ces réflexions sont donc une invitation à ne pas se perdre dans les méandres de la dépendance, quelle quelle soit.
Avant de demander une réponse à votre voyante, à vos guides, à vos ancêtres, à vos oracles ou à votre pendule, prenez cinq minutes pour vous. Cinq minutes pour réfléchir, ressentir et choisir. Car personne ne peut vivre votre vie à votre place, et vous seul détenez le pouvoir de décision.
Merci de m’avoir lu
SIGGY
